Un autre regard sur la politique

Une façon d’aborder les débats politiques — que ce soit dans les médias, au sein des partis ou entre amis — est de se borner au clivage traditionnel qui oppose la gauche et la droite.

Sans doute est-il possible de voir les choses autrement, et j’aimerais à cet effet proposer de réfléchir à travers cette matrice :

Matrice Partisan-Engagé

Plutôt que de classifier nos interlocuteurs selon leurs idées politiques, nous pourrions réfléchir suivant deux axes : un axe partisan/non partisan et un axe engagé/non engagé.

Ainsi, nous pouvons aboutir à la typologie suivante :

  • Non partisan & non engagé (case rouge) : le fan occasionnel. Ce type d’électeur s’apparente au supporter — non assidu — de football qui s’intéresse essentiellement aux grands évènements dont tout le monde parle et soutient l’équipe susceptible de gagner, sans pour autant éprouver une réelle passion pour le sujet.
  • Partisan & non engagé (case jaune) : l’oncle Henry. Il ne manque pas une occasion de parler de politique ni de pester contre le camp adverse, notamment lors des repas de famille. D’une manière générale, il vote pour conserver le privilège de râler.
  • Partisan & engagé (case verte) : le militant. Ce citoyen s’intéresse de près à la politique, supporte un parti et n’hésite pas à participer aux rassemblements de son camp, tout au long de l’année comme lors des échéances importantes.
  • Non partisan & engagé (case bleue) : le « Christophe Barbier ». Il apprécie la politique, en comprend les enjeux et tranche les questions essentielles sans céder à aucune idéologie. Il joue un rôle en faisant bouger les lignes, grâce à une implication médiatique, administrative ou même politique, mais « sans couleur ».

Remarque : le libellé « Christophe Barbier » fait bien entendu référence au célèbre Directeur de la Rédaction de L’Express, sans pour autant le désigner personnellement, car l’idée est ici, comme pour les autres libellés, de modéliser un état d’esprit.

Je ne sais pas s’il est « mieux » d’être de gauche ou de droite : chacun a ses convictions et elles sont toutes respectables.

Ce que je crois en revanche, c’est que nous — et par « nous » j’entends, « notre pays » — traversons actuellement un moment politique, économique et social difficile, qu’aucun clivage, ni aucun laisser-faire, ne sauraient résoudre.

A ce titre, j’aimerais lancer l’appel suivant :

Chers fans occasionnels,

Même en démocratie, le silence ne peut être considéré comme un désaccord : voudriez-vous dédier un peu de votre temps à la politique française dans l’optique de vous rapprocher de vos concitoyens engagés, les militants ou les « Christophe Barbier » ?

Chers oncles Henry,

Vos colères du dimanche midi nous amusent, même si parfois elles pèsent sur l’ambiance de nos fêtes de familles : vous qui avez un avis tranché sur chaque question, accepteriez-vous de prendre les choses en main en adhérant au parti de votre choix dans le but de faire bouger les choses ?

Chers militants,

Merci de votre mobilisation, quelle qu’elle soit, car vous suscitez et faites avancer les débats. Compte-tenu des tensions actuelles, sans doute pourriez-vous, le temps que les choses s’améliorent, mettre un peu d’eau dans votre délicieux vin français, et tenter d’observer les positions de vos cousins engagés, les « Christophe Barbier » ?

Chers « Christophe Barbier »,

Merci de porter un regard aussi pragmatique que possible sur la situation, de mettre les mains dans le cambouis et de distribuer des cartons verts, jaunes et rouges à celles et ceux qui les méritent, indépendamment de leurs opinions politiques. De votre sagesse, nous avons beaucoup à apprendre, et surtout, beaucoup à gagner.

Il est extrêmement difficile de voir les chose à travers un oeil non partisan, tout en agissant de manière engagée, mais cela ne signifie pas que nous ne devions pas essayer.

Cet article en est d’ailleurs une tentative, au même titre que cette lettre ouverte, adressée voilà un peu plus d’un an, au Président de la République.

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