Le guitariste et les B-boys

Il y a quelques jours, alors que je dînais paisiblement sur la terrasse d’un restaurant bandolais, un chanteur ambulant est venu jouer quelques morceaux de musique.

Sans prendre en considération le genre musical proposé, quelques remarques me sont venues à l’esprit :

  • ce chanteur s’impose à une audience, en interrompant l’un de leurs moments de détente
  • parfois même, il empêche les conversations en cours d’avoir lieu
  • il propose des morceaux créés par d’autres artistes, déjà connus de tous, sans même ajouter de touche personnelle
  • lorsqu’il termine sa prestation, il arpente les allées du restaurant afin de récolter quelques pièces, pour une prestation pourtant non-sollicitée

Quelques centaines de mètres plus loin, sur le quai principal du port, un autre spectacle est proposé : un groupe de B-boys officie, comme chaque soir.

Là encore, sans prendre en considération le style artistique proposé, voici quelques remarques :

  • les danseurs ne s’imposent à aucune audience : ce sont les passants qui décident – ou non – de s’arrêter au cours de leur promenade pour assister à cette représentation de rue
  • mieux encore, parce qu’ils sont présents chaque soir, les breakers ont constitué leur propre audience : certains spectateurs ne manqueraient le show pour rien au monde
  • chaque soir, ils proposent un spectacle renouvelé, jalonné d’acrobaties de leur cru, toujours plus audacieuses
  • les b-boys ne mènent pas une quête à la fin de leur spectacle : ils disposent une casquette sur le sol et laissent leur récompense à l’appréciation du public.

Pour une même activité – divertir les soirées des vacanciers – le guitariste et les B-boys emploient deux approches marketing radicalement différentes : le premier interrompt des inconnus et récolte quelques pièces alors que les seconds bâtissent une audience de fans et développent un semblant de revenus récurrents.

Un problème. Deux solutions. Et comme toujours, des résultats bien différents.