Le paradoxe des gaps culturels

En 2008, j’ai eu l’occasion de vivre deux mois à Dubaï, aux Émirats arabes unis.

Culture, climat, langue, législation, dynamisme économique : n’étant jamais allé au Moyen-Orient auparavant, je m’étais préparé à découvrir un environnement complètement différent de tout ce que j’avais connu.

Bien entendu, la situation n’était pas des plus confortables, mais cet état d’esprit m’a permis de m’acclimater rapidement à ce nouveau mode de vie, d’effectuer de formidables rencontres et de passer un séjour inoubliable.

En 2010, je suis reparti à l’étranger – au Canada – pour une durée d’un an.

Ayant déjà effectué un voyage touristique au Québec et vécu hors de France précédemment, je pensais être capable de m’adapter à ce nouveau pays relativement facilement. D’autant plus que j’étais familier avec la culture nord-américaine et les langues officielles parlées à Ottawa : l’anglais et le français.

C’est du moins, ce que je croyais.

En réalité, ce manque de recul a été un réel handicap : il m’a fallu plusieurs mois pour commencer à cerner les différences, en termes d’habitudes et de mentalités, qui séparent le Canada de la France. Et plusieurs mois encore avant, finalement, de m’intégrer et de m’épanouir dans ce nouvel environnement.

Paradoxalement, il peut être plus aisé de nous adapter dans des circonstances qui nous paraissent radicalement nouvelles et inconnues, qu’à une situation, en apparence, relativement semblable à ce que nous connaissons déjà.

Lorsque nous devons faire face à quelque chose de nouveau, notre appréhension – et donc notre vigilance – est notre meilleur atout pour nous adapter et pour réussir.

Apprenons à en tirer parti.

 

 

La sélection naturelle

Dans un environnement qui évolue lentement – où l’unité temporelle de référence est le millier d’années – il semble logique que les espèces les plus favorisées, génétiquement, survivent et dominent.

C’est exactement l’idée traduite par la célèbre expression d’Herbert Spencer : « La survie du plus apte ».

Ou encore, pourrions-nous dire, la survie du plus adapté.

Mais dans un environnement tel que le nôtre, où tout s’accélère – où l’unité temporelle de référence est le mois, la semaine, le jour ou même l’heure – nous ne pouvons plus compter sur nos qualités innées pour survivre.

Nous devons apprendre, sans cesse, à nous adapter.

Dans cet environnement, il n’est plus question de la survie du plus adapté, mais du succès du plus adaptable.