Omelette ou Fritatta ?

Lorsque je vivais à Ottawa, j’adorais le dimanche midi, un moment généralement dédié à un superbe brunch.

La plupart des restaurants proposaient les traditionnels eggs & bacon.

D’autres tentaient de se différencier en proposant des omelettes en tous genres, toutes plus évoluées les unes que les autres : salami, brocoli, poulet, saumon, cheddar, etc.

Il y avait un restaurant où j’aimais aller en particulier, car il proposait une alternative intéressante à toutes ces omelettes sophistiquées : des frittatas toutes simples, cuisinées uniquement avec des blancs d’oeufs.

Une façon d’innover est de proposer des produits, des services — et des omelettes — toujours plus évolués, pour gagner la course au « toujours plus ».

Une autre façon d’innover est de proposer des produits, des services — et des frittatas — plus simples, pour sortir de cette course et redéfinir les règles du jeu.

C’est en substance ce que prône l’excellent livre Innovation Jugaad de mon camarade Navi Radjou.

C’est également l’axe stratégique emprunté par la formidable équipe de Be-Bound : à l’heure où la guerre entre les opérateurs fait rage pour savoir qui à la meilleure 4G, cette start-up franco-américaine propose aux possesseurs de smartphones d’utiliser le réseau 2G, afin de demeurer toujours connectés, y compris lorsque les lignes 3G sont saturées ou inexistantes.

Définitivement, innover ce n’est pas toujours faire plus : c’est aussi, parfois, savoir faire moins, pour faire tout simplement mieux.

Alors : omelette ou frittata ?

Grand ménage d’Automne

Si vous avez lu Se lancer sans attendre, vous connaissez sans doute les avantages du minimalisme, et les contraintes du matérialisme.

Récemment, je me suis livré à un petit exercice, en décidant de faire le grand ménage dans mes affaires.

Résultat :

  • Les vêtements trop petits ont été déposés dans l’un des nombreux conteneurs du Relais.
  • Une partie des livres ont été offerts à mes amis grenoblois de chez Co-Work, dans le but de peupler leur conviviale bibliothèque collaborative.
  • Tout ce qui pouvait avoir une seconde vie a été déposé chez Cash Express.
  • Le reste a été apporté à la déchèterie la plus proche.

Quelle que soit la taille de notre bureau, de notre maison ou de notre chambre, nous disposons forcément d’objets inutiles, accumulés au fil du temps, qui pourraient servir à d’autres personnes, à travers le don, le recyclage ou la revente.

Faire le grand ménage ne prend pas beaucoup de temps, mais présente l’avantage de libérer notre espace, de nous procurer un certain plaisir et même parfois de récolter quelques euros.

Inutile d’attendre le Printemps pour se lancer dans le grand ménage.

Le guitariste et les B-boys

Il y a quelques jours, alors que je dînais paisiblement sur la terrasse d’un restaurant bandolais, un chanteur ambulant est venu jouer quelques morceaux de musique.

Sans prendre en considération le genre musical proposé, quelques remarques me sont venues à l’esprit :

  • ce chanteur s’impose à une audience, en interrompant l’un de leurs moments de détente
  • parfois même, il empêche les conversations en cours d’avoir lieu
  • il propose des morceaux créés par d’autres artistes, déjà connus de tous, sans même ajouter de touche personnelle
  • lorsqu’il termine sa prestation, il arpente les allées du restaurant afin de récolter quelques pièces, pour une prestation pourtant non-sollicitée

Quelques centaines de mètres plus loin, sur le quai principal du port, un autre spectacle est proposé : un groupe de B-boys officie, comme chaque soir.

Là encore, sans prendre en considération le style artistique proposé, voici quelques remarques :

  • les danseurs ne s’imposent à aucune audience : ce sont les passants qui décident – ou non – de s’arrêter au cours de leur promenade pour assister à cette représentation de rue
  • mieux encore, parce qu’ils sont présents chaque soir, les breakers ont constitué leur propre audience : certains spectateurs ne manqueraient le show pour rien au monde
  • chaque soir, ils proposent un spectacle renouvelé, jalonné d’acrobaties de leur cru, toujours plus audacieuses
  • les b-boys ne mènent pas une quête à la fin de leur spectacle : ils disposent une casquette sur le sol et laissent leur récompense à l’appréciation du public.

Pour une même activité – divertir les soirées des vacanciers – le guitariste et les B-boys emploient deux approches marketing radicalement différentes : le premier interrompt des inconnus et récolte quelques pièces alors que les seconds bâtissent une audience de fans et développent un semblant de revenus récurrents.

Un problème. Deux solutions. Et comme toujours, des résultats bien différents.

Inverser le processus de recrutement

Lorsque je vivais à Ottawa, je projetais de m’expatrier aux Etats-Unis l’année suivante. La difficulté résidait, bien évidemment, dans le fait que je ne disposais pas d’un visa de travail.

Pour y remédier, j’ai mené une expérience. Plutôt que de postuler à des centaines d’offres d’emplois, avec une candidature standardisée, j’ai procédé de la manière suivante :

  1. Sélectionner trois entreprises pour lesquelles j’avais vraiment envie de travailler.
  2. Créer une candidature sur mesure pour chacune d’elle, sous la forme d’un site internet dédié, expliquant pourquoi et comment nous pouvions collaborer.
  3. Envoyer la candidature individuellement à chaque personne susceptible d’influencer le recrutement d’un nouvel employé : les responsables opérationnels, les chargés des ressources humaines et même… les dirigeants.

Résultat : je n’ai pas obtenu un emploi aux Etats-Unis. Toujours faute de visa. Mais à travers cette méthode, je me suis vu recevoir trois propositions – sur trois candidatures – soit un taux de réussite de 100%.

Aller vers une entreprise et lui expliquer, nominativement, pourquoi nous voulons travailler pour elle - et non simplement pourquoi nous recherchons un emploi – nous permet de rééquilibrer le rapport de force candidat/recruteur et parfois même, d’inverser le processus de recrutement.

En nous démarquant significativement des autres candidats, nous « sortons du lot » et dépassons la phase de sélection : il ne nous revient plus, alors, de prouver que nous sommes la meilleure option parmi un pool de prétendants, mais il est question, pour l’organisation, de trouver le poste qui nous conviendra le mieux et grâce auquel elle pourra tirer parti de notre énergie, de notre enthousiasme et de notre capacité à prendre des initiatives.

Une situation. Deux solutions. Et définitivement, des résultats différents.

Bonus : un guide pratique reprenant pas à pas la méthode proposée dans ce post est disponible dans le Chapitre 4 de Se lancer sans attendre.

Superman, Batman & MacGyver

Superman est un super héros parce qu’il possède des capacités extraordinaires : il est génétiquement différent de vous et moi. Il est né ainsi. Ses super pouvoirs sont, chez lui, innés.

Batman appartient à une autre catégorie de super héros : il n’est pas né avec des pouvoirs surhumains. En revanche, il a su utiliser la fortune à sa disposition pour développer une infrastructure qui lui confère des pseudo-pouvoirs.

MacGyver, quant à lui, n’est pas né avec avec des super pouvoirs. Il n’est pas non plus issu d’une famille particulièrement aisée. Ce qui le distingue, c’est son habileté à exploiter au mieux les moyens du bord pour arriver à ses fins.

Sans aucun doute, bénéficier d’un héritage génétique ou financier nous donne un avantage concurrentiel non-négligeable. Mais ne pas disposer d’un tel capital familial ne nous empêche pas d’accomplir de grandes choses : il suffit pour cela d’adopter le Système-D.

PS : Merci aux talentueux créateurs de WRI pour le travail exceptionnel qu’ils réalisent.