L’art de déranger

Entreprendre, c’est dé-ranger.

Entreprendre, c’est également déranger.

Après tout, comment pourrions-nous changer le monde qui nous entoure, si nous lui sommes similaires en tous points ?

Si nous ne remettons pas en cause l’ordre établi ?

Si nous ne marquons pas un certain contraste avec ce qui existe déjà ?

Si nous ne défions pas les paradigmes et les règles qui priment aujourd’hui ?

Définitivement, entreprendre, c’est déranger.

Et tant pis pour ceux que cela dérange.

Un cadeau particulier

En ce 25 décembre, que nous célébrions Noël ou non, nous avons tous l’opportunité d’offrir un cadeau particulier à un « entrepreneur » (au sens large) : un encouragement.

Cet encouragement peut être financier, par exemple en supportant un projet sur un site de crowdfunding, mais il peut aussi et surtout prendre la forme d’un partage d’information sur les réseaux sociaux, d’une mise en relation pertinente, d’un soutien moral ou d’un compliment.

Car, lorsque nous entreprenons, toute forme d’encouragement est précieuse.

Pourquoi aujourd’hui ?

La bonne question est en réalité : pourquoi pas aujourd’hui ?

Les chiens aboient, la caravane passe

Au mois d’octobre, j’ai eu le plaisir d’intervenir lors des Rencontres Entre-preneurs 2013 organisées par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Eure-et-Loire.

Ce soir-là, Cyril Lignac est venu partager son expérience d’entrepreneur : outre son activité médiatique, le chef préféré des français est à la tête d’un groupe qui emploie 130 personnes, au sein de quatre sociétés.

Lors de son intervention, Cyril Lignac a expliqué que sa célébrité n’avait pas toujours été un avantage.

Ainsi, au début de sa carrière, certains « vrais » chefs comme il les appelle, refusaient de lui serrer la main — lui qui était jeune et étiqueté Vu à la TV — et ne tarissaient pas de critiques à son sujet.

Une période difficile pour ce passionné, admirateur de toujours de ces grands héros des fourneaux, qu’il a su traverser en travaillant d’arrache-pied pour parvenir au succès que tous lui reconnaissent aujourd’hui.

Une stratégie payante car, comme il le dit si bien :

Les chiens aboient, la caravane passe.

Voilà une belle leçon que nous pouvons garder en mémoire, à double-titre :

  • Face à une situation qui nous dérange, rien ne sert de râler, de pester, d’aboyer : cela n’a aucune chance de faire bouger les choses. La meilleure manière de contester un ordre bien mal établi est assurément d’entreprendre (quoi que ce soit).
  • Lorsque nous sommes sous le feu des critiques, ne laissons pas ces dernières stopper nos efforts. Si elles sont constructives, prenons les en considération et ajustons notre course. Si elles ne le sont pas, ignorons-les et continuons notre chemin.

Quant à moi, Monsieur Lignac, sachez que vous avez toute ma sympathie et que je suis ravi que vous n’ayez jamais arrêté de « donner du bonheur aux gens ».

Si nous décidions de ne plus avoir le choix

Qu’il s’agisse des aliments que nous mangeons, du style de vie que nous adoptons, du pays où nous résidons ou du travail que nous effectuons, nous n’avons jamais eu autant d’options — et donc de choix — qu’aujourd’hui.

Si ce choix peut sembler être un avantage, un privilège, voire dans certains cas, un véritable luxe, il ne doit pas pour autant devenir un handicap.

En effet, nous sommes si habitués à avoir le choix, pour à peu prêt tout, que nous nous habituons également à nous laisser le choix dans les situations où il nous serait plus profitable, précisément, de ne pas avoir le choix.

Que se passerait-il si nous décidions que nous devons apprendre telle ou telle compétence, et non seulement que nous le pouvons ?

Que se passerait-il si nous décidions que nous devons mettre en oeuvre ce projet qui sommeille dans un coin de notre tête depuis des années, et non seulement que nous en avons vaguement envie ?

Que se passerait-il si nous décidions que nous devons faire en sorte d’entretenir de bonnes relations avec nos proches, et non seulement que cela est souhaitable ?

Oui, que se passerait-il si nous décidions de ne plus avoir le choix pour ce qui importe vraiment ?

Sans doute ferions-nous, justement, le bon choix.

Monsieur Hesse

Initiative France est un formidable réseau associatif qui accompagne les entrepreneurs de deux façons :

  • En phase de création, en proposant des prêts d’honneur, personnels, à 0%.
  • En phase de développement de l’activité, en offrant la possibilité aux créateurs d’être  parrainés par un entrepreneur aguerri.

Dans le cadre de notre nouveau projet, Noémie & moi avons pu bénéficier des services d’Initiative Loiret — la plateforme locale d’Initiative France pour notre département — et avons demandé à être parrainés.

C’est ainsi que nous avons rencontré Monsieur Hesse, un entrepreneur orléanais de 43 ans qui a cédé, il y a quelques années, sa première entreprise à son principal client.

Depuis, Monsieur Hesse a créé de nouvelles entreprises et offre une partie de son précieux temps à de jeunes entrepreneurs, comme nous.

Au cours d’une première rencontre de trois heures, Monsieur Hesse nous a aidés à trouver plus de réponses à nos questions que nous n’avions pu le faire par nous-mêmes au cours des trois mois précédents.

Grâce à son expérience tout à la fois riche et différente de la nôtre — il opérait et opère encore dans des secteurs autres que le web — Monsieur Hesse est capable de porter un regard objectif et critique sur notre projet.

Quant à l’humilité dont il fait preuve lorsqu’il nous conseille, celle-ci ne fait que consolider l’admiration que nous avons à son égard.

Cerise sur le gâteau, Monsieur Hesse a spontanément mobilisé ses relations afin de nous donner un coup de pouce supplémentaire.

Fort de cette expérience, si je devais compléter le chapitre 3 de Se lancer sans attendre, je recommanderais à tout entrepreneur « débutant » de faire tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir l’aide d’un mentor.

Sous quelque forme que ce soit.

P.S. : « Monsieur Hesse » est bien entendu un pseudonyme utilisé pour préserver l’anonymat de notre bonne étoile.

Le secret le mieux gardé

Le travail nous permet de progresser.

Le travail est un vecteur de rencontres.

Le travail nous aide à surmonter le doute.

Le travail tue l’ennui.

Le travail est un moyen d’entreprendre lorsque nous n’avons pas beaucoup de moyens.

Le travail concrétise nos idées. Ou les invalide.

Le travail nous amène à structurer nos démarches.

Le travail nous permet d’atteindre nos objectifs.

Le travail inspire le travail.

Par dessus tout, le travail, c’est la santé (je vous l’accorde, ce point était « facile »).

Autant de « qualités » qui font du travail notre meilleur allié pour nous épanouir et pour réussir.

Pourtant, il est trop rarement cité comme tel dans les articles, les livres et les conférences qui visent à faire avancer les choses.

A croire que le meilleur conseil est aussi le secret le mieux gardé.

Il est pourtant tout simple : travaillons.

Facile ≠ Important

Ce qui est facile n’est pas nécessairement important : certaines choses ne sont, littéralement, ni faites ni à faire.

Inversement, ce qui est important n’est pas nécessairement facile.

Pour entreprendre, nous allons être stressés, ne pas dormir et risquer l’échec.

Car, en réalité, c’est rarement en étant détendu, en dormant bien et en ne prenant pas de risque que nous sortons de notre zone de confort et que nous accomplissons ce qui est important.

Finalement, la difficulté ne serait-elle pas un signal indiquant que ce que nous sommes en train de faire est important ?

L’art de dé-ranger

Si nous développons un produit, il est question de dé-ranger le marché existant pour introduire quelque chose de nouveau.

Si nous proposons un service, par exemple du consulting, il s’agit de dé-ranger les informations à notre disposition, afin de les restructurer d’une manière qui ait du sens, pour apporter une solution pertinente à notre client.

Si nous oeuvrons dans le domaine du social business, il convient de dé-ranger la façon dont les ONG fonctionnent dans le but de proposer de nouvelles réponses aux problèmes sociétaux que nous adressons.

Entreprendre, c’est remettre en cause l’ordre établi.

Définitivement, entreprendre, c’est exercer l’art de dé-ranger.

Parfois, entreprendre, c’est aussi déranger, mais c’est un autre problème.

 

Omelette ou Fritatta ?

Lorsque je vivais à Ottawa, j’adorais le dimanche midi, un moment généralement dédié à un superbe brunch.

La plupart des restaurants proposaient les traditionnels eggs & bacon.

D’autres tentaient de se différencier en proposant des omelettes en tous genres, toutes plus évoluées les unes que les autres : salami, brocoli, poulet, saumon, cheddar, etc.

Il y avait un restaurant où j’aimais aller en particulier, car il proposait une alternative intéressante à toutes ces omelettes sophistiquées : des frittatas toutes simples, cuisinées uniquement avec des blancs d’oeufs.

Une façon d’innover est de proposer des produits, des services — et des omelettes — toujours plus évolués, pour gagner la course au « toujours plus ».

Une autre façon d’innover est de proposer des produits, des services — et des frittatas — plus simples, pour sortir de cette course et redéfinir les règles du jeu.

C’est en substance ce que prône l’excellent livre Innovation Jugaad de mon camarade Navi Radjou.

C’est également l’axe stratégique emprunté par la formidable équipe de Be-Bound : à l’heure où la guerre entre les opérateurs fait rage pour savoir qui à la meilleure 4G, cette start-up franco-américaine propose aux possesseurs de smartphones d’utiliser le réseau 2G, afin de demeurer toujours connectés, y compris lorsque les lignes 3G sont saturées ou inexistantes.

Définitivement, innover ce n’est pas toujours faire plus : c’est aussi, parfois, savoir faire moins, pour faire tout simplement mieux.

Alors : omelette ou frittata ?

Grand ménage d’Automne

Si vous avez lu Se lancer sans attendre, vous connaissez sans doute les avantages du minimalisme, et les contraintes du matérialisme.

Récemment, je me suis livré à un petit exercice, en décidant de faire le grand ménage dans mes affaires.

Résultat :

  • Les vêtements trop petits ont été déposés dans l’un des nombreux conteneurs du Relais.
  • Une partie des livres ont été offerts à mes amis grenoblois de chez Co-Work, dans le but de peupler leur conviviale bibliothèque collaborative.
  • Tout ce qui pouvait avoir une seconde vie a été déposé chez Cash Express.
  • Le reste a été apporté à la déchèterie la plus proche.

Quelle que soit la taille de notre bureau, de notre maison ou de notre chambre, nous disposons forcément d’objets inutiles, accumulés au fil du temps, qui pourraient servir à d’autres personnes, à travers le don, le recyclage ou la revente.

Faire le grand ménage ne prend pas beaucoup de temps, mais présente l’avantage de libérer notre espace, de nous procurer un certain plaisir et même parfois de récolter quelques euros.

Inutile d’attendre le Printemps pour se lancer dans le grand ménage.