Avoir raison

Avoir raison a un prix.

Il y a des situations dans lesquelles ce prix vaut la peine d’être payé.

Par exemple, lorsque nous nous trouvons face à la justice, il semble tout indiqué de faire appel à un avocat pour défendre nos droits.

Mais il existe également des situations dans lesquelles il en va différemment, car nous avons plus à gagner en ne cherchant pas à prouver que nous avons raison, à tout prix.

Si le feu pour piétons est vert mais qu’une voiture se présente, n’est-il pas plus sage de préserver notre intégrité physique plutôt que de défendre notre droit de traverser ?

Si un client soutient une allégation parfaitement fausse — et de faible importance — n’est-il pas plus sage de préserver une bonne relation de travail plutôt que de perdre un partenaire ?

Si un ami a des convictions diamétralement différentes des nôtres, n’est-il pas plus sage de préserver une bonne ambiance plutôt que de malmener une amitié à travers un « dialogue de sourds » ?

Parfois, avoir raison consiste précisément à donner raison à celui qui a tord.

Qu’il ait tord, ou non, d’ailleurs.

Update : Ironie du sort — à nouveau — au lendemain de la publication de cet article, lors d’un banal débat (non politique, non professionnel) entre amis, je n’ai pas su m’abstenir de vouloir avoir raison, et j’en ai payé le prix. Un prix qui n’en valait pas le coût. Et une expérience de plus à la faveur de cet article.

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