Pouvoir ≠ Devoir — Partie 2

Notre défi est de discerner ce que nous devons faire parmi tout ce que nous pouvons faire.

Un défi encore plus grand nous attend lorsqu’il est question de discerner ce que nous devons faire parmi ce que nous ne pouvons pas faire.

Cette idée que nous avons, mais que nous ne savons pas mettre en oeuvre.

Cette oeuvre qui sommeille en nous, mais qui nous effraie à l’idée de la concrétiser.

Ce projet dont nous rêvons, mais qui nous semble irréalisable.

Définitivement, ne pas pouvoir n’implique pas de ne pas devoir.

Au contraire, dès lors qu’il est question de création, d’initiative, d’entreprise, notre rôle est précisément d’aligner ce que nous pouvons faire avec ce que nous devons faire.

D’une manière, ou d’une autre, le devoir prime — toujours — sur le pouvoir.

Pouvoir ≠ Devoir — Partie 1

Dans notre monde aux possibilités infinies, où chaque jour apporte son lot de nouvelles opportunités, le défi est de faire le tri entre ce que nous pouvons faire, et ce que nous devons faire.

Les voitures que nous conduisons nous permettent de rouler à toute vitesse : devons-nous, pour autant, dépasser les limitations ?

Les maisons que nous habitons nous offrent le confort de l’électricité et de l’eau courante : devons-nous, pour autant, gaspiller ces ressources ?

Les médias que nous consultons nous inondent de contenu : devons-nous, pour autant, consommer toute cette information ?

Définitivement, pouvoir n’est pas devoir : parmi tout ce que nous pouvons faire, il nous revient de distinguer ce que nous devons faire.

Appréhender un problème

Le verbe appréhender possède — au moins — deux significations en français :

  • L’une correspond à l’idée de redouter une situation, de craindre qu’un évènement fâcheux ne se réalise.
  • L’autre renvoie vers l’idée de comprendre une situation, de saisir intellectuellement la solution à un problème.

Une manière intéressante de voir les choses

Ces deux définitions correspondent exactement aux deux manières que nous avons d’appréhender un problème :

  • La première : y penser, s’en inquiéter, s’en préoccuper.
  • La seconde : y réfléchir, y travailler, s’en occuper.

Une manière encore plus intéressante de voir les choses

Ces deux façons de faire s’excluent mutuellement :

  • Lorsque nous nous préoccupons d’un problème, nous avons peu de chances de parvenir à nous en occuper
  • Lorsque nous nous occupons d’un problème, nous n’avons pas le temps de nous en préoccuper.

Comme toujours, un problème, deux approches.

A nous de choisir.

Ce qui semble impossible

A Los Angeles, j’ai eu le plaisir de passer une soirée au sein du fabuleux Magic Castle d’Hollywood.

Ce soir-là était présent Simon Coronel.

Lorsqu’il était plus jeune, cet illusionniste australien faisait régulièrement des rêves impliquants des objets impossibles, à l’image du triangle de Penrose ou du blivet.

Il a donc mis sur pieds un numéro dans lequel il crée de véritables objets impossibles, qu’il offre aux spectateurs.

Voici l’un de ces objets (que j’ai reçu ce fameux soir et que je conserve précieusement) :

Objet impossible de Simon Coronel - Thibaud Clément

Objet impossible de Simon Coronel – Thibaud Clément

Il s’agit d’une carte à jouer – 8 de Coeur – découpée et enroulée sur elle-même.

La morale de ce tour est la suivante : ce qui semble impossible, ne l’est pas forcément.

Tâchons de garder cela en tête la prochaine fois que nous nous trouvons devant un problème, en apparence, insoluble.

Bonus : les illusions de Simon Coronel sont disponibles en vidéo ici et .

« Oiloari, oloa ; astoari lastoa. »

Ce proverbe basque était inscrit cet été à la craie sur le grand tableau en ardoise du Bar Jean, à Biarritz.

Littéralement, il signifie : « A la poule l’avoine, à l’âne la paille. »

Un client, un employeur, un associé : avant de pouvoir collaborer avec un nouveau partenaire, nous devons comprendre ce dont il a besoin.

Sinon, comment pourrions-nous être en mesure de le lui offrir ?

Hitchcock, l’entrepreneur

Psychose est sans conteste le plus grand succès — commercial — d’Alfred Hitchcock.

Pourtant, pour réaliser ce film, le pionnier du thriller a dû mettre en jeu sa réputation, réduire son train de vie, bootstrapper le projet en hypothéquant sa maison, contourner la censure, affronter le rejet de ses pairs et surmonter le doute.

Sans compter sur un sens aigu des relations humaines et une prédisposition certaine à ce qui s’apparenterait aujourd’hui aux techniques de Guerilla Marketing.

Parce qu’il n’avait pas peur de se remettre en question, il a été capable, avec le soutien de sa fidèle épouse Alma, de semer le trouble dans le microcosme hollywoodien et de faire avancer le septième art.

Pour le plus grand bonheur des cinéphiles.

Il ne fait aucun doute que le maître du suspense était, aussi, un grand entrepreneur.

Steve Jobs : Secrets of Life

« (…) Tout ce qui est autour de vous, que vous appelez « la vie », a été fabriqué par des gens qui ne sont pas plus intelligents que vous. Et vous pouvez changer cela. Vous pouvez construire vos propres « choses » que d’autres personnes pourront utiliser. (…) C’est sans doute la chose la plus importante. (…) »

Une belle leçon, tirée d’un extrait inspirant de Steve Jobs Visionnary

La Règle FedEx

FedEx est mondialement reconnue comme l’une des organisations les plus avancées en matière de gestion de la qualité.

Cela n’est pas – entièrement – dû à l’exceptionnelle prestation de Tom Hanks dans Seul au monde, mais à un principe simple expliqué à tout nouvel employé : la Règle du 1-10-100.

Cette règle stipule :

  • Si une erreur est identifiée à la source, il en coûtera $1 de la corriger.
  • Si une erreur se répercute sur le processus suivant, il en coûtera $10 de la corriger.
  • Si une erreur est transmise jusqu’au client final, il en coûtera $100 de la corriger.

FedEx encourage donc l’ensemble de ses employés à officier en tant que contrôleurs-qualité afin qu’ils puissent identifier, corriger et même prévenir toute erreur le plus tôt possible.

Deux remarques à propos de ce principe :

  1. La Règle du 1-10-100 ne se limite pas aux entreprises de logistique et de transport, mais peut tout aussi bien trouver une application dans bon nombre d’organisations, et même dans notre vie quotidienne.
  2. Face au scandale FedEx Guy Throwing My Computer Monitor, la réponse du service client de FedEx à travers l’intervention de Matthew Thornton, III a été exemplaire. Mais en deux jours – délai de réponse de FedEx – la vidéo du client mécontent avait été visionnée plusieurs millions de fois sur YouTube. A l’heure du web et de la mondialisation, où tout s’accélère et s’amplifie, ne devrions-nous pas actualiser la Règle du 1-10-100, par exemple en la renommant Règle du 1-1.000-1.000.000 ?

Bonus : un excellent article expliquant scientifiquement la raison d’être de Wilson, le fidèle compagnon de Chuck Noland.

PS : merci W-RI pour cet annuaire société innovant.